"Le trou blanc dans le temps" de Peter Russel, résumé par Jean Hudson
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"Le trou blanc dans le temps" de Peter Russel, résumé par Jean Hudson
« Le trou blanc dans le temps offre une nouvelle perspective révolutionnaire sur la place qu'occupe l'humanité dans l'univers. Explorant les patterns sous-jacents à notre long voyage évolutif, ainsi que la nature même du temps, Russell démontre que notre futur pourrait culminer en un zénith évolutif étonnamment positif et créateur vers lequel se dirige l'univers depuis des milliards d'années.
Salué mondialement comme le "nouveau Buckminster Fuller", Peter Russell a été proclamé visionnaire moderne par Ted Turner, John Sculley de Apple Computers, Timothy Leary, et plusieurs autres.»
La liste des calamités qui nous affligent est maintenant bien connue: progression géométrique de la population mondiale qui pourrait culminer à 12 milliards d'individus avant de se stabiliser au siècle prochain; déforestation accélérée, désertification et extinction à chaque année de plus de 10,000 espèces; changements climatiques mondiaux et perte de sols arables au rythme de 6 milliards de tonnes par an; amincissement de la couche d'ozone avec ses conséquences potentiellement catastrophiques pour toute Vie sur Terre et pollution chimique et toxique de tout notre environnement, sont quelques-unes des épées de Damoclès qui pendent au-dessus de nos têtes.
Comment pouvons-nous être à la fois si intelligents et si stupides? Comment une espèce qui comprend qu'elle est en train de détruire l'écosystème vital pour son existence - et qui continue néanmoins à le détruire, peut-elle être qualifiée d'intelligente? Nous ressemblons en tous points à des cellules cancéreuses, signale Russell, qui se multiplient jusqu'à détruire l'organisme dont dépend leur survie. Là où le bât blesse, propose-t-il comme explication, c'est que nos attitudes et nos valeurs, de même que la façon dont nous voyons la vie, dont nous nous percevons et ce que nous croyons être important, sont à la base même de toutes nos erreurs. Mais d'où provient cette pensée disfonctionnelle? Quel "virus" a infecté notre esprit au point de provoquer cette folie? C'est une erreur de programmation mentale, affirme-t-il, qui en est à l'origine et, non bien sûr, une mauvaise conception de notre véhicule biologique.
En fait, l'essentiel de nos énergies est tourné vers la satisfaction de besoins psychologiques qui déterminent donc dans une large part la nature des désirs que nous avons. Ces besoins psychologiques - avoir une bonne estime de soi, recevoir de l'attention, se sentir approuvé par les autres, avoir un minimum d'intimité, être aimé, se sentir en sécurité, avoir le contrôle, exercer du pouvoir, vivre des moments d'excitation intense - nous cherchons cependant en général à les satisfaire de la façon que nous connaissons le mieux, c'est-à-dire en agissant sur le monde à l'extérieur de nous. Et c'est là que réside en bonne partie notre erreur, car ce ne sont que rarement les autres personnes ou les circonstances extérieures qui sont la cause réelle de notre inconfort intérieur; en fait, ce sont plutôt des causes profondes en nous-mêmes qui en sont à l'origine. Pourtant, chercher à compenser un manque intérieur en apportant des ajustements dans le monde extérieur ne sera jamais qu'une solution bien temporaire car le manque intérieur profond refera toujours surface.
Un autre élément exerçant une grande influence sur nos comportements est notre sentiment d'identité que nous relions faussement à notre expérience ou à notre interaction avec le monde. Nous nous identifions en fonction de notre emploi, de notre statut social, de notre corps, de notre sexe, de notre nationalité, de nos croyances, des biens matériels que nous possédons, etc. Hélas, rien n'est plus vulnérable qu'un tel sens d'identité fondé sur le transitoire et l'imprévisible. Ajoutez à ces deux erreurs de perception fondamentales, le pouvoir amplificateur de la technologie et vous réalisez, conclut Russell, que dans notre recherche sans fin de satisfaction de nos besoins psychologiques et d'affirmation de notre identité, nous exerçons collectivement une pression démesurée sur les ressources et l'environnement terrestre, comparativement à nos besoins physiologiques réels. Les crises planétaires que nous traversons ne seraient donc, à son avis, que des symptômes révélant l'ampleur de la profonde crise psychologique que nous vivons.
Cette transe culturelle qui nous maintient dans un état de quasi hypnose collective est constamment renforcée par le déluge quotidien de messages véhiculés par la télévision, la radio, les journaux, les magazines et tous les autres véhicules publicitaires qui nous répètent inlassablement que la seule façon de trouver le bonheur, c'est de posséder, consommer et faire des choses. Jamais ne nous encourage-t-on à simplement être! Cette perversion de l'esprit est aujourd'hui tellement répandue que nous sommes tous à la fois responsables et victimes de cette hypnose collective, car nous nous persuadons tous les uns les autres de ces faussetés mille fois répétées. Et comme peu d'entre nous encore acceptent de remettre en question ce conditionnement social, nous sommes tous pris au piège de la compétition globale pour obtenir toujours plus et plus pour nous seuls, ce qui forcément entraîne l'épuisement des ressources et la destruction de la Nature.
Bien sûr, il n'y a rien de mauvais en soi à vouloir améliorer nos conditions de vie et à chercher à être heureux. C'est le critère fondamental sur lequel se fondent toutes nos décisions. C'est la manière dont nous nous efforçons d'y parvenir qui pose problème, guidés comme nous le sommes par l'idée bien matérialiste que si quelque chose ne va pas en nous, c'est qu'il nous faut changer quelque chose à l'extérieur de nous. Tel est bien le "virus" qui, selon Russell, affecte notre esprit et modèle notre pensée ego-centrée. Au point que nous sommes devenus dangereusement dépendants du matérialisme et, de ce fait, obsédés par l'argent qui est aujourd'hui le symbole ultime de notre dépendance aux choses qu'il nous permet d'acquérir.
Pour nous sortir de ce cercle vicieux, il nous faut dépasser cette phase matérialiste de notre évolution et accepter de voir quelles en sont les conséquences au plan personnel, afin de commencer à ce niveau à changer ce qui doit l'être. L'anxiété résultant de la crainte de perdre tout ce dont notre bonheur - illusoire - dépend, la peur de manquer d'argent ou de temps, la peur de mourir, la peur des autres et la peur de ce que l'avenir nous réserve sont autant de conséquences néfastes au plan personnel de cette dépendance maladive en des solutions extérieures à notre sentiment intérieur de manque.
À moins de faire le choix conscient de nous libérer de ces peurs, nous ferons tout pour résister au changement et n'arriverons pas à nous y adapter. La pression du stress accablant qui résulte de notre résistance au changement ne pourra alors qu'affecter notre santé, notre bien-être intérieur, notre jugement, nos perceptions et nous rendre déprimés, agressifs et irrationnels. Nous avons donc tout intérêt à apprendre à mieux gérer nos pensées, prône Russell, afin de contrôler ce qui est à la source de nos peurs, c'est-à-dire la voix en notre esprit (= l'Ego) qui porte des jugements et interprète tout ce que nous voyons. Ce faisant, nous commencerons à revoir les valeurs et attitudes qui guident nos vies et apprendrons à mettre notre ego de côté. Nous pourrons alors peu à peu découvrir l'existence d'un moi (ou Soi) profond qui nous aidera à sortir du rêve à demi-éveillé dans lequel nous vivons quotidiennement.
«Connais-toi toi-même», nous enjoignaient les anciens Grecs. Cette éternelle quête de l'humanité est aujourd'hui devenue d'une vitale nécessité pour la survie de notre espèce.
de Jean Hudon
Salué mondialement comme le "nouveau Buckminster Fuller", Peter Russell a été proclamé visionnaire moderne par Ted Turner, John Sculley de Apple Computers, Timothy Leary, et plusieurs autres.»
La liste des calamités qui nous affligent est maintenant bien connue: progression géométrique de la population mondiale qui pourrait culminer à 12 milliards d'individus avant de se stabiliser au siècle prochain; déforestation accélérée, désertification et extinction à chaque année de plus de 10,000 espèces; changements climatiques mondiaux et perte de sols arables au rythme de 6 milliards de tonnes par an; amincissement de la couche d'ozone avec ses conséquences potentiellement catastrophiques pour toute Vie sur Terre et pollution chimique et toxique de tout notre environnement, sont quelques-unes des épées de Damoclès qui pendent au-dessus de nos têtes.
Comment pouvons-nous être à la fois si intelligents et si stupides? Comment une espèce qui comprend qu'elle est en train de détruire l'écosystème vital pour son existence - et qui continue néanmoins à le détruire, peut-elle être qualifiée d'intelligente? Nous ressemblons en tous points à des cellules cancéreuses, signale Russell, qui se multiplient jusqu'à détruire l'organisme dont dépend leur survie. Là où le bât blesse, propose-t-il comme explication, c'est que nos attitudes et nos valeurs, de même que la façon dont nous voyons la vie, dont nous nous percevons et ce que nous croyons être important, sont à la base même de toutes nos erreurs. Mais d'où provient cette pensée disfonctionnelle? Quel "virus" a infecté notre esprit au point de provoquer cette folie? C'est une erreur de programmation mentale, affirme-t-il, qui en est à l'origine et, non bien sûr, une mauvaise conception de notre véhicule biologique.
En fait, l'essentiel de nos énergies est tourné vers la satisfaction de besoins psychologiques qui déterminent donc dans une large part la nature des désirs que nous avons. Ces besoins psychologiques - avoir une bonne estime de soi, recevoir de l'attention, se sentir approuvé par les autres, avoir un minimum d'intimité, être aimé, se sentir en sécurité, avoir le contrôle, exercer du pouvoir, vivre des moments d'excitation intense - nous cherchons cependant en général à les satisfaire de la façon que nous connaissons le mieux, c'est-à-dire en agissant sur le monde à l'extérieur de nous. Et c'est là que réside en bonne partie notre erreur, car ce ne sont que rarement les autres personnes ou les circonstances extérieures qui sont la cause réelle de notre inconfort intérieur; en fait, ce sont plutôt des causes profondes en nous-mêmes qui en sont à l'origine. Pourtant, chercher à compenser un manque intérieur en apportant des ajustements dans le monde extérieur ne sera jamais qu'une solution bien temporaire car le manque intérieur profond refera toujours surface.
Un autre élément exerçant une grande influence sur nos comportements est notre sentiment d'identité que nous relions faussement à notre expérience ou à notre interaction avec le monde. Nous nous identifions en fonction de notre emploi, de notre statut social, de notre corps, de notre sexe, de notre nationalité, de nos croyances, des biens matériels que nous possédons, etc. Hélas, rien n'est plus vulnérable qu'un tel sens d'identité fondé sur le transitoire et l'imprévisible. Ajoutez à ces deux erreurs de perception fondamentales, le pouvoir amplificateur de la technologie et vous réalisez, conclut Russell, que dans notre recherche sans fin de satisfaction de nos besoins psychologiques et d'affirmation de notre identité, nous exerçons collectivement une pression démesurée sur les ressources et l'environnement terrestre, comparativement à nos besoins physiologiques réels. Les crises planétaires que nous traversons ne seraient donc, à son avis, que des symptômes révélant l'ampleur de la profonde crise psychologique que nous vivons.
Cette transe culturelle qui nous maintient dans un état de quasi hypnose collective est constamment renforcée par le déluge quotidien de messages véhiculés par la télévision, la radio, les journaux, les magazines et tous les autres véhicules publicitaires qui nous répètent inlassablement que la seule façon de trouver le bonheur, c'est de posséder, consommer et faire des choses. Jamais ne nous encourage-t-on à simplement être! Cette perversion de l'esprit est aujourd'hui tellement répandue que nous sommes tous à la fois responsables et victimes de cette hypnose collective, car nous nous persuadons tous les uns les autres de ces faussetés mille fois répétées. Et comme peu d'entre nous encore acceptent de remettre en question ce conditionnement social, nous sommes tous pris au piège de la compétition globale pour obtenir toujours plus et plus pour nous seuls, ce qui forcément entraîne l'épuisement des ressources et la destruction de la Nature.
Bien sûr, il n'y a rien de mauvais en soi à vouloir améliorer nos conditions de vie et à chercher à être heureux. C'est le critère fondamental sur lequel se fondent toutes nos décisions. C'est la manière dont nous nous efforçons d'y parvenir qui pose problème, guidés comme nous le sommes par l'idée bien matérialiste que si quelque chose ne va pas en nous, c'est qu'il nous faut changer quelque chose à l'extérieur de nous. Tel est bien le "virus" qui, selon Russell, affecte notre esprit et modèle notre pensée ego-centrée. Au point que nous sommes devenus dangereusement dépendants du matérialisme et, de ce fait, obsédés par l'argent qui est aujourd'hui le symbole ultime de notre dépendance aux choses qu'il nous permet d'acquérir.
Pour nous sortir de ce cercle vicieux, il nous faut dépasser cette phase matérialiste de notre évolution et accepter de voir quelles en sont les conséquences au plan personnel, afin de commencer à ce niveau à changer ce qui doit l'être. L'anxiété résultant de la crainte de perdre tout ce dont notre bonheur - illusoire - dépend, la peur de manquer d'argent ou de temps, la peur de mourir, la peur des autres et la peur de ce que l'avenir nous réserve sont autant de conséquences néfastes au plan personnel de cette dépendance maladive en des solutions extérieures à notre sentiment intérieur de manque.
À moins de faire le choix conscient de nous libérer de ces peurs, nous ferons tout pour résister au changement et n'arriverons pas à nous y adapter. La pression du stress accablant qui résulte de notre résistance au changement ne pourra alors qu'affecter notre santé, notre bien-être intérieur, notre jugement, nos perceptions et nous rendre déprimés, agressifs et irrationnels. Nous avons donc tout intérêt à apprendre à mieux gérer nos pensées, prône Russell, afin de contrôler ce qui est à la source de nos peurs, c'est-à-dire la voix en notre esprit (= l'Ego) qui porte des jugements et interprète tout ce que nous voyons. Ce faisant, nous commencerons à revoir les valeurs et attitudes qui guident nos vies et apprendrons à mettre notre ego de côté. Nous pourrons alors peu à peu découvrir l'existence d'un moi (ou Soi) profond qui nous aidera à sortir du rêve à demi-éveillé dans lequel nous vivons quotidiennement.
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